Le septuple champion du monde de Formule 1 a appelé, dans un discours d’une rare intensité politique, les nations africaines à se libérer de l’emprise économique et structurelle des anciennes puissances coloniales.
Interrogé il y a quelques jours par un journaliste de SuperSport Africa, en marge d’un événement marquant l’ouverture de la saison 2026 à Melbourne, sur les pays africains susceptibles d’accueillir à l’avenir un Grand Prix de Formule 1, Lewis Hamilton s’est montré particulièrement loquace.
Le pilote de Ferrari a d’abord levé le voile sur un engagement encore méconnu du grand public. Depuis près de sept ans, confie-t-il, il interpelle régulièrement les dirigeants de la Formule 1 au sujet de l’absence du continent africain dans le calendrier mondial.
« Je m’assois avec les parties prenantes et je leur pose la question : pourquoi ne sommes-nous pas en Afrique ? Nous sommes sur tous les autres continents. Pourquoi pas l’Afrique ? » a-t-il déclaré, d’un ton à la fois posé et résolu.
Le Britannique affirme avoir déjà visité une dizaine de pays africains et milite activement pour que la discipline reine du sport automobile fasse enfin son retour sur le continent.
Une promesse ferme
Il cite plusieurs destinations qui l’ont particulièrement marqué : le Kenya, qu’il affectionne mais juge peu probable d’accueillir une course à court terme, et surtout le Rwanda, qu’il décrit comme « spectaculaire » et où il dit avoir immédiatement senti qu’il pourrait vivre. L’Afrique du Sud reste, elle aussi, parmi ses favoris.
« Je refuse de quitter ce sport sans qu’il y ait un Grand Prix là-bas, sans avoir couru là-bas », a-t-il martelé, évoquant une forme d’urgence personnelle face au temps qui passe.
« Je leur cours après en demandant : quand est-ce que ça va arriver ? Ils fixent des dates, et moi je me dis : je suis en train de manquer de temps », a-t-il poursuivi, alors que le dernier Grand Prix organisé en Afrique remonte à 1993 à Kyalami, en Afrique du Sud.
« Je suis à moitié africain »
Ce propos s’inscrit dans une démarche plus large de reconnexion à ses origines. Depuis plusieurs années, Hamilton revendique avec fierté ses racines africaines, qu’il rattache au Bénin, au Sénégal et au Nigeria. Un héritage qu’il porte comme une responsabilité.
« Je suis vraiment fier de cette partie du monde. Je pense que c’est la plus belle région du monde, et je n’aime pas que le reste du monde en possède autant et en prenne autant, sans que personne n’en parle », a-t-il lancé, avant d’ajouter : « J’espère vraiment que les dirigeants de ces différents pays vont s’unir et reprendre l’Afrique. La reprendre aux Français. La reprendre aux Espagnols, aux Portugais, aux Britanniques. »
Pour Lewis Hamilton, les peuples africains « disposent de toutes les ressources nécessaires pour devenir la région la plus forte et la plus influente du globe. Et c’est sans doute pour cela qu’ils restent soumis à un tel contrôle », a-t-il conclu.

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