La République démocratique du Congo a soumis à Washington une sélection de sites miniers publics riches en minéraux stratégiques, en vue d’une exploitation future, conformément à l’accord de paix négocié par les États-Unis entre Kinshasa et Kigali.
Le sous-sol congolais au service des États-Unis. Selon des sources proches du dossier citées par Reuters, la République démocratique du Congo (RDC) a officiellement soumis à l’administration Trump, la semaine dernière, une liste restreinte d’actifs miniers stratégiques appartenant à l’État.
La démarche est présentée comme l’offre la plus explicite de Kinshasa à Washington pour encourager les investisseurs privés américains à s’engager dans l’exploitation des métaux essentiels aux batteries, aux réseaux électriques et aux technologies vertes, dont le sous-sol congolais regorge.
Le pays détient 60% des réserves mondiales de coltan, fournit 70% du cobalt planétaire et occupe le rang de deuxième producteur mondial de cuivre, derrière le Chili.
La shortlist inclut les licences de manganèse, d’or et de cassitérite de Kisenge, le projet cuivre-cobalt Mutoshi de la Gécamines, l’usine de traitement du germanium, les quatre permis aurifères de la Sokimo, les concessions de lithium de la Cominière, ainsi que les gisements de coltan, d’or et de wolframite détenus par la Sakima.
Un comité conjoint déjà en place
D’après Reuters et la plateforme d’analyse de marché Index Box, la sélection a fait l’objet de plusieurs cycles de validation par le gouvernement congolais avant sa transmission officielle.
Une source congolaise anonyme a précisé que les actifs retenus concernent des entreprises publiques dont les gisements ne sont liés à aucun contrat de farm-out ni à des coentreprises existantes.
Ces ressources seront examinées par un Comité conjoint de pilotage dédié aux investisseurs américains, instance paritaire chargée de mettre en œuvre l’accord minier bilatéral.
Du côté congolais, cette structure de haut niveau réunit le vice-Premier ministre chargé de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, ainsi que les ministres des Affaires étrangères, des Mines et des Finances, aux côtés du président de l’Autorité de régulation du secteur, l’ARECOMS.
Une opportunité stratégique pour Washington
Le comité aura pour mission de tenir une première séance officielle, de planifier la mise en œuvre du partenariat et d’entamer les négociations contractuelles avec les investisseurs intéressés.
Cette initiative s’inscrit dans la dynamique ouverte par la médiation du président Donald Trump, qui avait favorisé un accord entre Kinshasa et Kigali pour apaiser les tensions dans l’est du pays.
Pour Washington, il s’agit aussi de réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine dans le domaine des minéraux critiques. Selon l’Agence internationale de l’énergie, Pékin contrôle actuellement entre 47% et 87% de la capacité mondiale de raffinage de métaux tels que le cobalt, le lithium, le cuivre, le graphite et les terres rares.
Bien qu’aucune estimation chiffrée n’ait été avancée concernant la valeur des actifs proposés, plusieurs observateurs dénoncent une initiative aux allures de “pillage organisé”.

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