
Le géant français du matériel sportif, en plein virage stratégique, compte bien se développer sur le continent africain. Même s’il doit y affronter une concurrence tout aussi acharnée qu’ailleurs.
Le mardi 1er avril dernier, une délégation d’entrepreneurs français s’entretenait avec le chef de l’État sénégalais Bassirou Diomaye Faye au palais de la présidence. Parmi les entreprises représentées figuraient les groupes Auchan et Decathlon de la galaxie Mulliez, du nom de cette richissime famille du nord de la France.
« Nous sommes venus remercier le chef de l’État pour ses actions qui permettent d’assurer une stabilité propice aux investisseurs comme nous. Nous voulons continuer notre développement pour proposer davantage d’emplois dans lesquels les jeunes pourront trouver leur utilité », a déclaré au sortir des échanges, Antoine Grolin, PDG de Nhood, opérateur immobilier détenu par la dynastie.
Des propos significatifs, notamment pour Decathlon dans le contexte actuel. En effet, l’entreprise a connu l’année dernière une diminution de 15% de son résultat net par rapport à 2023 (787 millions d’euros contre 900 millions d’euros auparavant), selon les chiffres publiés fin mars.
De quoi contraindre le groupe, l’une des enseignes préférées des Français depuis de nombreuses années, à annoncer une « optimisation des dépenses opérationnelles ». « Une priorité pour 2025 afin de soutenir une croissance à long terme », indique-t-il dans un communiqué du 31 mars.
Une démarche d’enracinement
C’est dire que le déplacement du 1er avril à Dakar s’inscrit, pour le spécialiste des équipements sportifs, dans une démarche d’enracinement au Sénégal où sa présence est effective depuis plus d’une décennie.
L’initiative est d’autant plus cruciale que Bassirou Diomaye Faye vient à peine de boucler un an à la tête du pays ouest-africain. Une région que la société fondée par Michel Leclercq connaît bien grâce à une présence élargie entre le Ghana et la Côte d’Ivoire.
Dans ce dernier pays, Decathlon compte quatre magasins différents. C’est loin des dix que le groupe ambitionnait en 2020 pour les cinq années suivantes, selon son ancien directeur général sur place Patrick Saint Criq à travers une interview à Jeune Afrique (JA).
Le Maroc comme pivot
Mais cela ne devrait pas freiner l’appétit de la marque pour le marché africain. Au total, l’entreprise mène actuellement des activités dans une dizaine de pays au moins, avec une présence marquée en Afrique du Sud, en Égypte, en Tunisie et surtout au Maroc.
Le royaume chérifien représente son point d’ancrage avec une vingtaine de magasins implantés sur place en 16 ans, d’après JA. À l’heure où Decathlon veut s’orienter un peu plus le sponsoring des athlètes avec à la tête du conseil d’administration, un nouvel arrivant – Julien Leclercq a pris fonction le 10 mars –, l’Afrique apparaît d’une importance capitale.
Reste à savoir si le groupe aura les moyens de ses ambitions, car le continent suscite énormément de convoitises.
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