Le président ukrainien annonce la possibilité d’une coopération mutuellement bénéfique avec le pays d’Afrique australe.
Dans un message publié lundi 23 mars 2026 sur ses réseaux sociaux, à l’issue d’un entretien avec son homologue mozambicain Daniel Chapo, le président Volodymyr Zelensky a annoncé l’intérêt de l’Ukraine pour l’importation de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du Mozambique.
Doté de réserves estimées à environ 100 billions de pieds cubes (Tcf) — soit près de 3 766 milliards de m³ de gaz récupérable selon l’Institut national du pétrole —, ce pays d’Afrique australe possède les quatrièmes plus importantes ressources gazières du continent.
Cette manne représente une réelle opportunité pour Kiev, dont les infrastructures énergétiques ont été sévèrement endommagées par quatre années de guerre avec la Russie. D’après Andriy Pyshnyi, gouverneur de la Banque nationale d’Ukraine, cité par Reuters, les frappes russes ont détruit près de la moitié de la capacité de production gazière du pays.
Confrontée à ce déficit énergétique, l’Ukraine — qui couvrait auparavant ses besoins grâce à sa propre production — multiplie depuis plusieurs mois les démarches internationales afin de diversifier ses approvisionnements.
Un échange gagnant-gagnant ?
La proposition ukrainienne au Mozambique ne se limite pas à un simple contrat commercial. Kiev se dit notamment prête à aider le pays à faire face à ses défis sécuritaires en échange.
« L’Ukraine est intéressée par des approvisionnements énergétiques supplémentaires. Le Mozambique est intéressé par l’expérience et les technologies de l’Ukraine pour renforcer sa sécurité intérieure et protéger sa population contre le terrorisme », a déclaré Zelensky dans une vidéo publiée sur Telegram.
Cette offre prend tout son sens dans le contexte intérieur mozambicain. Depuis 2017, la province de Cabo Delgado, au nord du pays, est en proie à une insurrection djihadiste liée à l’État islamique, qui a causé des milliers de morts et plus d’un million de déplacés, à en croire les Nations unies.
Une diplomatie de l’échange assumée
Dans ce contexte, l’Ukraine, forte d’une expertise militaire forgée au feu de la guerre contre la Russie, pourrait proposer une forme de coopération dans les domaines du renseignement, de la formation des forces ou de l’équipement.
Ces compétences constituent désormais un levier que Kiev tente de valoriser à l’international pour élargir son réseau d’alliances et d’influences, notamment en Afrique. Cette approche, relevant d’une diplomatie transactionnelle de plus en plus assumée ouvertement, s’inscrit dans un contexte mondial marqué par la realpolitik de l’ère Trump.
Pour Maputo, confrontée à un possible retrait des troupes rwandaises — environ 5 000 hommes selon un porte-parole militaire de Kigali cité par Le Monde —, cette coopération représenterait une aubaine. Reste à en connaître les contours et les conditions concrètes.

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