La Namibie tient tête à Starlink

Le régulateur namibien des communications confirme le rejet du recours introduit par le fournisseur américain d’accès internet par satellite contre le refus de ses demandes de licences dans le pays.

« L’examen des demandes n’a fourni aucun fondement juridique ou factuel suffisant pour modifier la décision initiale ». C’est par cette formule sans ambiguïté que l’Autorité de régulation des communications de Namibie (CRAN) a définitivement clos, le 21 juin, du moins sur le plan administratif, le dossier Starlink.

L’entreprise américaine détenue par Elon Musk avait officiellement sollicité, depuis mars, une licence d’exploitation afin de déployer son service d’internet par satellite dans le pays. Après un premier rejet, le régulateur confirme ainsi sa position, estimant que la demande ne respecte pas le cadre légal en vigueur.

Selon la directrice générale de l’institution, Emilia Nghikembua, la législation impose qu’une demande de réexamen soit introduite dans un délai de 30 jours suivant la décision initiale. Or celle du 23 mars 2026 fixait l’échéance au 22 avril, un délai que l’entreprise n’a pas respecté.

Une non-conformité structurelle au cœur du litige

Lors de l’instruction initiale, la CRAN avait examiné le dossier à partir de six critères juridiques. Trois seulement ont été jugés satisfaits : la concurrence, les capacités techniques et financières, ainsi que la disponibilité des fréquences.

En revanche, la société n’a pas répondu aux exigences relatives à l’actionnariat et au contrôle, à la sécurité nationale et à la défense, ainsi qu’à son historique de conformité réglementaire. Sur ce dernier point, le régulateur a pointé l’absence de réponse aux convocations, y voyant un signal préoccupant quant à sa capacité à se conformer aux obligations futures.

La question de la structure du capital constitue le principal point de blocage. La législation namibienne impose en effet qu’au moins 51% des parts des opérateurs de télécommunications stratégiques soient détenus par des ressortissants ou des entités locales, sauf dérogation ministérielle.

Or, la filiale namibienne de Starlink demeure entièrement contrôlée par des intérêts étrangers, sans qu’aucune exemption n’ait été accordée.

La souveraineté numérique au cœur du débat

Depuis le lancement de son expansion africaine en 2023, Starlink a étendu rapidement sa présence dans plusieurs pays, dont le Nigeria, le Kenya, le Rwanda, la Zambie, l’Ouganda, le Zimbabwe, le Malawi, le Botswana, le Mozambique et la Sierra Leone.

La Namibie, à l’instar de l’Afrique du Sud, adopte toutefois une ligne plus stricte. Dans ce dernier pays, Elon Musk — originaire du territoire — s’oppose aux règles imposant une ouverture du capital à des groupes historiquement défavorisés, qu’il a publiquement critiquées.

À Windhoek, le débat reste particulièrement sensible, d’autant que le service bénéficie d’un fort soutien populaire. Lors de la consultation publique menée en décembre 2025, plus de 98% des contributions se sont prononcées en faveur de son arrivée sur le marché local.

La CRAN a indiqué que son rôle s’arrête à ce stade, laissant désormais la possibilité aux parties concernées de saisir la Haute Cour pour contester cette décision.


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