Bien décidé à conserver son poste malgré la tempête qui s’abat sur lui à la suite de son projet controversé de commercialiser le Mondial, le patron de la Fifa espère compter sur l’Afrique au moment décisif. Mais rien n’est acquis.
Combien de temps encore Gianni Infantino pourra-t-il se maintenir à la tête de la Fifa ? Si la réponse de l’intéressé, toujours candidat à un nouveau mandat en mars prochain, ne fait aucun doute, la concrétisation de son souhait de rempiler demeure incertaine.
Le dirigeant italo-suisse est en effet confronté à une opposition inédite de la part des confédérations membres de l’instance faîtière du football mondial, qui lui promettaient pourtant, il y a peu et sauf cataclysme, une réélection sans encombre.
À rebours de ce concert de réprobations — selon le décompte du Parisien, 124 associations lui seraient « totalement opposées ou supposées l’être » —, alimenté par son projet de privatisation partielle de la Coupe du monde au profit d’investisseurs privés liés à Donald Trump, et orchestré principalement par l’UEFA, la Concacaf et la confédération asiatique, la Confédération africaine de football (CAF) lui a renouvelé son appui.
Un appui réaffirmé
Dans un communiqué publié le 7 août dernier, l’organisation présidée par Patrice Motsepe affirme ainsi avoir « reconduit à l’unanimité son soutien au président de la FIFA, Gianni Infantino », tout en le remerciant pour « son soutien au football africain au fil des ans ».
« Il a été loyal envers le football africain, il bénéficie du soutien de l’Afrique. Quand je m’assois avec mes dirigeants et que nous regardons le monde, soyez prudents : chaque partie du monde commence par défendre son propre intérêt », a déclaré le Sud-Africain cinq jours plus tard, en marge de la Supercoupe d’Europe, au micro du journaliste Rob Harris de Sky News.
« L’élection a lieu l’année prochaine. Ne devrions-nous pas laisser ce processus se poursuivre et laisser les 211 membres décider ? (…) S’il y a des candidats qui veulent se présenter contre lui, qu’ils déposent leur candidature. Je veux dire, c’est la bonne chose à faire », a par ailleurs plaidé le président de la CAF.
… mais non garanti
Une telle sortie n’est pas anodine, au regard de la hausse des subventions octroyées aux confédérations en développement depuis que l’Italo-Suisse préside aux destinées de l’instance. Rien n’assure cependant que cet engagement se traduira dans les faits, si toutefois Gianni Infantino est encore aux commandes d’ici l’élection de mars 2027.
Et pour cause : comme le souligne Reuters, la CAF — forte de 54 associations membres — est historiquement réputée pour compter dans ses rangs des « briseurs » de consignes de vote au moment de vérité.
Pour l’agence de presse, cela ne confère à ces déclarations « guère plus de valeur que le papier sur lequel elles ont été écrites ». Elle cite à cet effet plusieurs précédents, dont le scrutin de 1998 lorsque la CAF, pourtant alliée de Lennart Johansson — alors président de l’UEFA et candidat à la présidence de la Fifa —, avait finalement voté massivement pour son rival Sepp Blatter.
Quatre ans plus tard, l’ancien patron de la CAF, le Camerounais Issa Hayatou, a mordu la poussière face à ce même Blatter. Par ailleurs, l’élection d’Infantino elle-même s’est faite au détriment du cheikh bahreïnien Salman Bin Ibrahim Al Khalifa, pourtant soutenu, sur le papier, par l’instance africaine.

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