BAT sous le feu des critiques pour ses activités potentiellement corruptrices en Afrique

La British American Tobacco est accusée d’avoir soudoyé durant cinq ans, des dizaines de personnalités et acteurs décisionnaires sur le continent africain.

La BAT en zone de non-droit en Afrique ? Les informations dévoilées ce mardi par l’ONG anti-tabac STOP tendent à le confirmer. Du moins entre 2008 et 2013. À en croire l’organisation financée par l’homme d’affaires et ancien candidat à la primaire démocrate à la présidentielle de 2020 Michael Bloomberg, le géant britannique du tabac s’est illustré durant ce laps de temps par des activités répréhensibles sur le continent africain. Cela va de l’octroi d’argent, de véhicules et autres éléments matériels à des personnalités de premier plan du pouvoir, des parlementaires, des fonctionnaires de l’administration et même des journalistes, dans un seul et unique but : influencer les politiques publiques de ces pays en sa faveur.

Le rapport d’anti-tabac STOP lève le voile sur un système impliquant au moins dix pays africains dont : le Kenya, les Comores, le Burundi, la RD Congo, l’Ouganda, le Rwanda, la Zambie, le Malawi, le Soudan et la Tanzanie. Les sommes en jeu se chiffrent à 601 502 dollars pour 236 « paiements suspects ».

Agissements aux Zimbabwe

Ces agissements de BAT font écho à ceux intervenus au Zimbabwe, un autre pays d’Afrique, et révélés lundi par la BBC à travers une enquête journalistique. La chaîne britannique accuse le groupe du tabac, documents à l’appui, d’avoir versé des pots-de-vin de l’ordre de 300 000 à 500 000 dollars à la Zanu-PF, ex-parti au pouvoir durant le règne de Robert Mugabe, en 2013. Objectif : mettre les bâtons dans les roues de ses concurrents dans le pays.

La BAT avait notamment mandaté la Forensic Security Services (FSS), entreprise de sécurité privée basée en Afrique du Sud, pour traquer ses concurrents. C’est ainsi que Savanna Tobacco a vu une de ses usines placées sous surveillance dès 2012, selon la BBC. Mais la manœuvre n’est pas restée longtemps secrète. L’affaire éclatée au grand jour a vu trois hommes de la FSS inculpés pour surveillance illégale, forçant Mugabe à condamner publiquement l’implication présumée de la BAT. Une prise de position de façade, car en coulisses les négociations se déroulaient entre l’État zimbabwéen et des responsables de BAT pour la libération des mis en cause, à en croire des témoignages recueillis par l’enquête.

C’est la deuxième fois que la BAT est pointée du doigt pour des activités illicites en Afrique. La première remontant à 2015 et objet d’une enquête des autorités britanniques s’est soldée par un non-lieu.


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