L’économie, enjeu de la présidentielle zambienne

Le pays d’Afrique australe s’apprête à élire un nouveau président jeudi 12 août dans un contexte de morosité économique dont beaucoup estiment le chef de l’État sortant Edgar Lungu responsable.

On connaît l’aversion du pouvoir zambien actuel à la critique. Durant tout son premier mandat qui arrive à terme, le président Edgar Lungu n’a pas manqué la moindre occasion de réprimer ses opposants, s’attirant par-là même les remontrances de la communauté internationale. Mais à l’aune du renouvellement de son mandat, un sujet préoccupe plus que tout, la population : l’état économique du pays enclavé de 18 millions d’habitants environ.

Et pour cause, la Zambie vit aujourd’hui des jours sombres sur le plan économique malgré sa richesse en cuivre, principal produit d’exportation du pays. À Lusaka, la capitale et dans de nombreuses autres villes, les complaintes se font beaucoup entendre. Le panier de la ménagère se rétrécit davantage chaque jour, rendant hypothétique le quotidien dans un pays où la moitié de la population au moins vit encore sous le seuil de pauvreté.

Politique incohérente

Bien évidemment, le contexte économique mondial marqué par la crise du Coronavirus n’arrange pas la situation. D’autant plus pour un pays dépendant de ses ressources minières. Mais pour les Zambiens, toutes ces frustrations sont symbolisées par une seule personne : Edgar Lung. Le sexagénaire président est accusé par ses détracteurs d’avoir précipité le pays dans l’abîme financier à travers sa politique économique catastrophique. Six ans de gestion marquée par des projets spectaculaires. La réalisation d’infrastructures d’envergure a ainsi été mise en avant au détriment du social. De nombreuses routes ont notamment été inaugurées surtout dans la capitale devenue de fait beaucoup plus praticable, selon les témoignages de nombreux habitants.

Mais la contrepartie de ce type d’investissement est lourde, voire suicidaire pour les finances de l’État. Car le pays a dû s’endetter massivement auprès de ses partenaires, dont la Chine. Les chiffres disponibles à cet effet parlent d’une créance totale de 10 milliards d’euros en 2020. Conséquence : l’État était officiellement tombé en défaut de paiement fin 2020 en raison de son incapacité à honorer 42,5 millions de dollars d’intérêts sur une dette.

Une aubaine pour l’opposition ?

Ce tableau inquiétant rebat les cartes de la présidentielle opposant le chef de l’État sortant et Hakainde Hichilema encore appelé HH, son rival de toujours. D’autant que la popularité d’Edgar Lungu s’est érodée au fil des dernières années. D’où le sentiment de nombre d’observateurs que ce scrutin représente l’occasion au jamais pour cet homme d’affaires à succès de réaliser son rêve de présider aux destinées du pays qui l’a vu naître.


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